Williams Sassine, le rire grave

« Chaque homme, même le plus pourri, renferme en lui une lumière que l’épaisseur des circonstances, du milieu, des préjugés, des superstitions, cache ; il suffit bien souvent de peu de choses pour qu’elle jaillisse : un sourire, un coup de pierre, une rencontre, même des blasphèmes, à condition de s’accrocher à la vie avant de lui chercher un sens. On devrait faire de l’amour de la vie un métier. »

Williams Sassine, Saint Monsieur Baly, p.253

Jacques Chevrier, incontournable promoteur des lettres africaines en langue française (juré du Grand prix littéraire d’Afrique noire, fondateur du prix Kourouma, critique universitaire…) lui a consacré une thèse en 1992, devenue livre : Williams Sassine, écrivain de la marginalité (1996). Lylian Kesteloot, toute aussi essentielle que Chevrier, le mentionne dans ses anthologies et articles comme par exemple admis au club des « auteur du chaos » des années 80. Dans Désir d’Afrique (2002), Boniface Mongo-Mboussa l’évoque, et dans le supplément du livre, L’Indocilité (2005), lui dédie carrément des pages entières, d’où ressort principalement sa grande veine humoristique. Bernard Mouralis, grand exégète de la littérature africaine lui aussi, et cheville ouvrière de la revue Présence africaine pendant de longues années, l’a salué et analysé dans ses écrits. Romuald Fonkoua, rédacteur en chef actuel de la même revue et professeur de lettres à la Sorbonne, a décrypté son œuvre. Elisabeth Degon, bibliothécaire émérite, dans un souci plus exhaustif, a retracé toute sa vie dans un essai : Williams Sassine, itinéraires d’un indigné guinéen (2016). Dans les revues, particulièrement celle de son éditeur principal, Présence africaine, on ne compte plus le nombre de textes, mentions, références, interviews, de Williams Sassine.

Hommages : le manque et le trop-plein

La moisson globale est généreuse. Ça en fait du monde, du beau monde même, onction de la validation ultime. De tous ces hommages point globalement le même sentiment : celui d’un écrivain atypique, que tant de textes essaient de confesser pour élucider la parcelle de mystère encore imperméable de l’homme et de son œuvre. La tonalité et le registre sont ainsi toujours les mêmes : louangeurs. Quoiqu’un tantinet circonspects, mélancoliques et empreints de regrets. Comme si l’étoile avait filé trop vite, sans livrer toute sa lumière dans la symbolique charpentée par Paul Verlaine des « poètes maudits ». Un goût d’inachevé donc…

Parmi les nombreux échos de cette célébration, aux inclinations – et c’est notable – globalement posthumes, dominent quelques invariants. Le champ sémantique isole en effet, avec récurrence, deux étiquettes pour caractériser son œuvre : à la marge et indigné. La première pour la singularité et la difficulté – voire l’impossibilité – de le mettre dans une case ; la seconde pour l’énergie fondatrice de son œuvre. On doit ainsi aux écrits de Jacques Chevrier, qui ont le primat de la chronologie, d’avoir plus ou moins imposé cette grille de lecture de la marginalité. Au fur et à mesure que sa notoriété tardive a commencé à se déployer, la filiation des analyses, ainsi influencées, a creusé ce sillon à la fois intéressant, inspiré mais pourtant réducteur, parce qu’en voulant échapper à la tentation de la caricature, elle tend parfois à la nourrir, desservie du reste par la technicité et la rigidité universitaires. On doit à Elisabeth Degon d’avoir quant à elle formalisé dans son essai – qui a la force de la biographie et de la bibliographie, mais aussi celle de l’analyse et des retombées posthumes de l’œuvre – la relation entre l’auteur et ses contemporains, son pays, ses occupations. En dégageant l’indignation comme une force motrice, et les chemins escarpés de son parcours, recoupé par l’usage au pluriel de « itinéraires », elle donne à apercevoir la source de cette verve et l’environnement qui a présidé à sa naissance.

Cependant une curiosité est frappante : l’absence de Sassine dans ce qu’il est convenu d’appeler les « classiques » dans leur acception la plus communément partagée qui forge la popularité. Dans son remarquable essai, la Fabrique des classiques africains (2017), qui balaie les chemins de légitimation des œuvres africaines depuis 1960, Claire Ducournou rappelle le tropisme et la centralité française dans ce processus. Elle y évoque plusieurs critères pour prétendre à l’estampille « classique ». L’un d’eux est l’importance d’avoir un éditeur d’envergure et Français, dans une littérature héritière des traditions et où le compte d’auteur est tombé progressivement en disgrâce. Sassine a de son côté publié chez de petits éditeurs (L’Afrique en morceaux, 1999, le Bruit des autres par exemple) en parallèle ou après Présence africaine. Claire Ducournou mentionne aussi l’importance de la faculté des livres à être enseignés, et donc leur vocation à intégrer les manuels scolaires, ce qui passe par une validation universitaire qui pave la voie à la suite. Avec le prestige des signatures universitaires si importantes dans la reconnaissance des pairs, l’affaire paraissait bien prometteuse. De ce côté en effet, Williams Sassine est bien pourvu, et l’injustice qui a semblé avoir agi contre lui de son vivant est, en partie, rachetée. Comme si la profusion des hommages posthumes, inconsciemment, admettait une forme d’oubli coupable. Ils ne sont pas nombreux en réalité à pouvoir se targuer de susciter cet intérêt académique aussi important et si essentiel dans le processus de fabrication et d’institutionnalisation littéraire du legs. Sassine coche donc une partie des cases. D’où vient alors que son œuvre semble encore, hors des cercles d’initiés, un poil sinon totalement méconnue ? Malgré une notoriété certes tardive mais établie, avant et après sa mort, il ne semble pas jouir d’un rayonnement à la mesure de son talent ni à hauteur de la célébration de ses pairs. Le mystère reste donc entier. D’où la survivance ou presque, d’une mythologie autour de cet auteur métis, carrefour de plusieurs identités culturelles, à la fois seul et singulier, même chez lui.

La gloire populaire quant à elle est habituellement confectionnée par plusieurs facteurs : les honneurs et prix, les ventes, dans une certaine mesure le relais médiatique, l’inscription régulière dans l’agenda du circuit des mondanités littéraires et la convergence des critiques qui établissent la légitimé et l’aura. De ce côté, Williams Sassine est moins touché par la grâce. On est en bout de course face à un auteur qui, auprès du public, reste moins connu que beaucoup de ses pairs. Un « classique » au rayon d’irradiation encore modeste. Dans son livre, Elisabeth Degon donne à voir des éléments qui permettent d’évaluer comment l’auteur a vécu cette confidentialité : une tendance dépressive, un mal être chronique, une certaine instabilité financière. Et si vers la fin de sa vie, l’écrivain avait commencé à voir s’élever, au-dessus de lui, « le soleil des immortels » – la gloire dans les termes Balzaciens – il en a si peu joui que la saveur en est restée altérée.

Un ancrage guinéen : le contexte et ses influences sur l’œuvre

Parler de Sassine, c’est essentiellement s’inscrire d’abord dans un territoire : la Guinée. Un détour historique s’impose. La tradition d’une violence politique, militaire, dictatoriale, qui forge les tempéraments d’écrivains chez qui la résistance ajoute une charge dramatique compte tenu des risques de répression. Sassine est un homme de cette Guinée qui a vu ses enfants glorieux quitter le pays dans des exils forcés, entretenant ainsi la légende de l’intellectuel résistant ou « spécifique » au sens Foucaldien ; une figure historique du combattant des Lumières. Chez Thierno Monenembo, grand ami et héritier naturel de Sassine, cette vocation est devenue principielle, un attachement à s’ancrer géographiquement et à lutter contre les bâillons avec le risque de la mort ou de la marge. Sassine dut faire face, en aîné, à ce dilemme : un amour pour Kankan sa ville de naissance, un attachement à la Guinée, mais la solitude et l’âme chagrine de lutter contre des réalités qui semblent inamovibles. Comme un symbole, l’un et l’autre, à différentes époques, sont rentrés s’installer dans leur pays une fois un semblant de stabilité acquise. Problématique commune dans tout le continent, l’extraversion de la culture met la lumière sur ces choix forts, si peu répandus qu’ils en deviennent héroïques. L’acte « politique » d’une inscription locale donne au choix de l’ancrage des accents héroïques. Accents nécessaires même si, en termes de popularité et des intérêts des populations, ce combat reste discret, sinon vilipendé par les tenants du statut quo, parmi lesquels on trouve des pairs qui s’en accommodent fort bien.

Cette trame résistante, mais sans fanfares, colorera toute l’œuvre de Williams Sassine : il y aborde toutes les facettes de cette Guinée éternelle où il vit le jour en 1944 ; y projetant les ombres de ses blessures. Il y met parfois la même candeur poétique qu’un Camara Laye parlant de Kouroussa dans L’enfant noir (1953), mais le Jeune homme de sable (1979), deuxième roman de Sassine, est bien plus musclé que l’ode doucereuse de la forge de l’enfant noir. Un livre plus habité, à la verve plus tonique, où on retrouve déjà les obsessions de l’auteur : le combat pour la justice, la dénonciation des privilèges fossilisés, l’énergie de la révolte qu’incarne un jeune homme qui ne renonce pas à girafer au-dessus du tableau sombre de la réalité, pour envisager l’espoir. A la mort de Sékou Touré en 1984 et l’euphorie tétanisée qu’elle provoque, Sassine rentre chez lui, lui l’ancien exilé. La redécouverte des rues, de cette Guinée exsangue où l’espoir s’entête à ne jamais quitter les cœurs, lui inspire un livre, Le zéhéros n’est pas n’importe qui (1985). Fresque à la première personne du retour au pays après la chute du despote. Roman enlevé, à la fois lyrique, drôlatique, mais aussi tendre et grave, il dépeint la Guinée en terre-martyr. Le rire succède facilement aux larmes, et avec la force d’une narration faussement naïve, on suit l’auteur dans les méandres de ses cauchemars que vient souvent réveiller la vive énergie de l’espoir qu’incarnent presque toujours l’humour et son pendant chez Sassine : l’amour.

Des usages de la truculence, d’une assignation à l’autre

Comment ne pas donc évoquer son style, hâtivement placé sous le sceau de la verve truculente ? De la truculence, il a été déjà beaucoup question dans la littérature africaine. Etiquette nouvelle, née des cendres de l’exotisme-mère, elle désigne cette inclination à la couleur, aux entrailles, à la fête, qui contrecarre le classicisme de la langue et le sérieux un poil barbant de l’analyse. C’est dit rapidement, mais en somme l’essentiel y est dans la perception du sens commun. Comme prophète de la truculence, Sony Labou Tansi fut un maître : le foutre, le sang, la poésie, l’art de la mise en scène, la rébellion contre les codes classiques, avec le génie et l’audace, ont fait de son œuvre la force d’une école nouvelle dont l’influence est perceptible chez beaucoup d’auteurs congolais et au-delà. Amadou Kourouma, bien avant lui, et dans une envergure plus grande, avait tracé sinon inauguré le sillon de l’inventivité linguistique comme élan nouveau, émergeant des trippes du continent. Il a laissé une patte. Ainsi, chemin faisant et émules glanées sur le chemin, de demande de fraicheur – souffle face à la rigidité académique – la truculence tend parfois à devenir sa propre caricature. La bannière rassemble beaucoup de livres inégaux. Elle a fait « style », gouaille foutraque et énergique, elle est devenue identité littéraire d’un Sud dont on célèbre l’extravagance comme une part presque biologique de son ADN. La truculence est ainsi souvent inconsciemment dépolitisée, perçue comme une farce artistique, dépourvue de questions sociales, gage donc d’authenticité sur le vif qui puise dans le cliché, avec un seul avantage sur l’ethnologie : celui de la légitimité de la peau et des origines.

Rejeton des exotismes coloniaux, on quitte une assignation pour une autre. Paradigme faussement nouveau qui démontre que tout change pour que rien ne change : des auteurs africains, on semble toujours attendre non la liberté absolue de la création, mais un bout d’Afrique truculente donc. Les critiques ne s’embêtent plus, la truculence a une odeur, des couleurs, une verve. C’est l’allié presqu’infaillible des quatrièmes de couverture. La tenue du style est souvent vue comme la soumission à l’académie – du Quai Conty parisien, s’entend. Pas par tous, et il est ainsi notable et bien heureux de voir des auteurs, comme Thierno Monénembo, Emmanuel Dongala, et bien d’autres, ne pas céder à cette tentation de redéfinition de soi par le biais de la surcharge linguistique et la recherche « d’effets », car la redéfinition est par excellence l’inauthencité : le naturel est et ne se proclame pas. Et même, à bien y regarder, la truculence n’est pas une fin mais un moyen. A ce titre, elle est universelle. On la retrouve partout, à dose parcimonieuse, escorter les littératures dans le monde.

Celle de Sassine aussi, dont l’œuvre porte l’empreinte de cette espièglerie – elle qui rassemblait toutes les émotions. Il y a donné la mesure d’une démocratie de la truculence qui désigne, quand on la déshabille de ses prétentions émancipatrices, rien d’autre que le rafraichissement du style, assez commun dans l’ordination littéraire. Camara, le héros avatar de Sassine qui rentre à la chute de Sékou Touré, découvre l’alcool, plaisante sur le clitoris, se moque de sa femme et de son enfant, raconte des péripéties endiablées des rues de Kankan. Le même Camara rentre ainsi chez lui plein de rêves et d’excitations. Mais entre les facéties de la vie à Kankan, et la recherche d’un trésor familial qu’il veut récupérer, toute l’énergie désopilante du livre finit fatalement dans la gravité d’une situation dont il ne peut se détourner, et que son art du roman, doit affronter après ses grandes respirations poétiques.

Plus ambitieux, Saint-Monsieur Baly (1973), son premier livre, raconte l’aventure d’un ancien retraité qui, contre des vents hostiles, veut créer son école. D’épaisseur plus politique, on y retrouve le goût de la blague, de la formule, le souci des petites gens et la peinture jamais résignée de la misère, dont l’auteur s’est fait le galeriste. Dans une Afrique où l’école, sous les assauts répétés du manque de moyens, périclite, ce combat pour faire vivre un lieu de transmission rend le livre urgent, intemporel. Tout y est presque de la chair de Sassine, à la fois la finesse, mais aussi la solennité et les grandes digressions philosophiques, dont l’incisive portée ne laisse indifférent. Une énergie du récit palpitant mais sage ; où l’humour demeure « la politesse du désespoir. ». Sa vie tourmentée, instable, entre voyages en Mauritanie et dans la sous-région, son statut de professeur de mathématiques, tout son itinéraire est perceptible dans son œuvre. Elle y puise et s’enrichit de cette rage, tantôt violente, tantôt poétique, mais pour sûr rieuse : celle d’un soldat qui n’avait pas les moyens d’un combat face à des adversaires invincibles. Et dont le rire, dans ses multiples fonctions sociales, est devenu le refuge. Jusqu’à ce visage tendre, mais profondément grave, ses yeux d’enfant éternel, qu’abritaient ses boucles noires.

La satire : le refuge et l’école de la liberté

L’énergie de Sassine rayonne, et quand au début des années 90, Souleymane Diallo lance le satirique le Lynx sur la place de Conakry, c’est comme par évidence, dans la communauté des esprits, que Sassine prend part à l’aventure. Le tirage est modeste et Lansana Conté, le président Guinéen, n’est pas toujours joueur. L’horizon du journal est flou. Il faut séduire un lectorat, le débusquer, naviguer à vue entre les tirs ennemis potentiels. Mais le journal tient, il deviendra une référence, du fait de son œil acéré, son humour, des plumes de ses contributeurs. Mais surtout grâce à la rubrique courue de Sassine « la chronique assassine » ! Il y fait montre de toute l’étendue de sa palette dans l’exercice des entrées régulières. La mélancolie transperce ses billets et les piques plaisent. Le lynx, quelques années après, est devenu un groupe de presse prospère, salué et primé, s’encrant dans la tradition de la satire continentale, jusqu’à Dakar avec feu le Cafard Libéré ou encore aujourd’hui le P’tit Railleur, qui tissent la toile d’un combat pour la liberté sans trompettes militaires. La satire dans le continent a produit de grandes plumes mais bien plus en encore, elle rassemble des esprits, des hommes, le cœur même d’une marge où dans la chaleur et la camaraderie, l’anarchie se brandit comme résistance face à tous les dogmes.

Williams Sassine est mort en 1997, 53 ans. Relativement jeune même pour les standards du continent à la veille de 2000. Derniers jours tristes. La reconnaissance ? Elle est venue quand il s’en allait, ou après sa mort. Alors qu’il était déjà dans la déshérence, terriblement seul au milieu des huées silencieuses et des hourras. Comme si un cordon invisible l’avait enceint et isolé des célébrations tardives. Un cas de plus de la cruauté des temporalités dans la littérature, entre ceux qui prennent le train, ceux qui restent à quai, ceux qui arrivent en retard et courent derrière lui. Ceux qui ont loupé le bon moment ou pris le mauvais train…Une histoire de fortunes et d’infortunes, mais aussi celle d’une mystérieuse incompréhension. Mais l’essentiel semble bien acquis. Au total, une dizaine de livres en 25 ans, et les louangeurs universitaires avaient bien raison : Williams Sassine est de la trempe des plus grands. Et sa tragédie relative ajoute à la chose un surplus de saveur. Plus que l’indignation et la marge, l’un qui dit la seule colère, l’autre qui dit la potentielle folie sublime, c’est le rire qui semble être le soleil illuminé et édenté qui transcende ses livres et sa vie. Un rire peu exclamatif ou ivre. Un rire pudique et inquiet. Un rire comme offre de fraternité. Un rire sans hostilité. Un rire attaché à l’amour de sa terre et des siens. Mais un rire à l’image de ces « héros » ou « zéros » qui peuplent ses livres, combattants pour des valeurs nobles mais semblant condamnées. Un rire grave qui fait écho aux mots de Romain Gary dans La promesse de l’aube (1960), autobiographie sublime où l’autre prophète de la gaité et de l’humour inquiets, comme thérapie face à la brutalité du monde, écrivait : « j’ai grandi dans l’attente du jour où je pourrais tendre enfin ma main vers le voile qui obscurcissait l’univers et découvrir soudain un visage de sagesse et de pitié ; j’ai voulu disputer, aux dieux absurdes et ivres de leur puissance, la possession du monde, et rendre la terre à ceux qui l’habitent de leur courage et de leur amour. »

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